25 mars 2009
C'est l'histoire d'un banc
11 novembre 2008
"Tant qu'il y aura des bancs reste un pays de sentiments... "
"Les botzaris c'est sous la Lune
Les blés d'Chaumont dans la brume
Je longe les rendez-vous
Ils seront là, ils seront tous fous
Les amoureux d'aujourd'hui
Savent qu'il reste des bancs dans Paris
Demain, le Soleil d'hiver
Caressera les bouquets fébriles.
De l'espoir plein la gibecière
Ils iront tranquilles
Les pigeons perdront leurs plumes
Avec elles nous écrirons
L'histoire des coeurs du bitume
Qui dans l'espoir nous survivront
C'est sans fin que l'amour citadin
S'allonge sur du bois vert
C'est depuis toujours qu'y habitent l'amour
Et ses discours
On pourrait croire qu'assassin, le temps nous casse
On pourrait croire que le destin, fatalement, se trace
Quitte un jour, ou abandonner son tour
À deux paires d'yeux, deux peaux de pêche
Éclats de rire de la jeunesse
Mais ce matin il n'en est rien
Je t'ai vue de loin
Ton journal à la main
La nuit d'hier, d'aujourd'hui, de demain
Tu portes, fière, l'image
De ta promesse, mais sans savoir
Qu'c'est à moi qu'elle s'adresse
Tant qu'il y aura des bancs reste un pays de sentiments... "
Paroles de Botzaris par Mano Solo (album Animals, 2005).
Illustration : "In the park on hot day -- "played out" (LOC), par The Library of congress, photo prise entre 1910 et 1915, Aucune restriction de copyright connue (voir ici pour plus de détail sur cette licence).
20 octobre 2008
Mobilier urbain, ville et cinéma
Dans un récent ouvrage encyclopédique, dirigé par Thierry Jousse et Thierry Paquot sur La ville au cinéma, il est question, entre autres, de cinéastes urbains, de villes cinématographiques, de lieux et de personnages.
Parmi ces 900 pages, un article est consacré au mobilier urbain. Après une évocation très succincte et peu précise de l'histoire et du concept de mobilier urbain, Thierry Paquot écrit :
"Le cinéma ne peut ignorer ces éléments parsemés dans la ville qui balisent des itinéraires, servent de lieux de rendez-vous ou bien encore de repères lors de poursuites, de fugues ou autres cavales.... "
L'auteur de citer les panneaux et la signalisation, l'éclairage public, la cabine téléphonique...
A propos des bancs, Paquot nous dit que :
"Le banc quant à lui, accuille ses habitués (clochards, vieilles personnes, amoureux...), se transforme en endroit familier, sorte de pause dans l'agitation de la grande ville, comme dans Sue Perdue dans Manhattan (Sue, Amos Kollek, 1998) ou dans l'émouvant Le vieil homme et la ville (Nadine Trintignant, 1981). Assis, le personnage attend et observe. Il devient le spectateur du théâtre urbain et semble comme à côté du mouvement ininterrompu de la ville. Il s'en échappe et se plonge dans ses souvenirs, mais la nostalgie n'est plus ce qu'elle était."
Depuis longtemps, et j'en avais déjà parlé, je souhaite faire une liste d'images de films mettant en scène le banc public. Défi technique mais qui pourrait compléter cet article (J'inaugure donc aujourd'hui l'album "Cinéphages") . En effet, Paquot résume le rôle du banc à ses clichés (clochards, vieux, amoureux), alors que le banc joue souvent des rôles beaucoup plus composé, quand ce n'est un vrai rôle de composition, que ces images pourraient illustrer.
Bien sûr, conclut l'auteur, "le mobilier urbain, décor de la ville, [ne pouvait pas] se refuser à servir également de décor au cinéma", pourtant, l'analyse de ces scènes nous renseignerait aussi sur le rôle de cet acteur urbain qu'est le banc, montrant toute la complexité de ce "personnage" et de la façon dont certains le perçoivent. Au cinéma ou à la télévision, le banc est "utile" et participe encore une fois des interactions intéressantes et nécessaires dans l'espace public urbain.
Extraits de : Paquot Thierry, "Le Mobilier Urbain", in La ville au cinéma - Encyclopédie. Sous la diréction de Thierry Jousse et Thierry Paquot; 2005 ; éd. Cahiers du Cinéma, 895p, pp258-260.
Illustration : affiche du film "De la guerre", de Bertrand Bonnello, 2008.
29 avril 2008
"Le banc des confidences".
Un mois et demi sans apparition ! c'est long, je sais, et sans excuses en plus (j'ai des "consoeurs" beaucoup plus polie !)... Cela ne vous empêche pas d'être toujours aussi nombreux à venir lire ces pages... Plus de 100 visiteurs rien que la semaine dernière, dont quelques belges, tunisiens, étatsuniens, québecois, ainsi que plusieurs internautes des Emirats Arabes ! C'est fou à quel point la question des bancs publics dans les villes semble s'être mondialisée !
Ce n'est pas qu'il ne pleuvait plus, mais comme toujours, le temps m'a manqué pour écrire ici quelques lignes. Heureusement que la famille est là. Du fond de son atelier, ma Maman m'a repéré un passage intéressant dans un roman de David Lodge. Je la remercie pour son aide.
"Ils [Henry James et De Maurier] allèrent se promener ensemble dans les Près et, comme d'habitude, s'assirent sur le banc qu'ils avaient occupé la toute première fois, lorsque Du Maurier lui avait raconté sa vie. Ce banc n'était pas placé sur une hauteur offrant une vue spectaculaire qui aurait distrait l'attention, mais niché au creux d'une allée bordée de pins sylvestres, face au sud et abrité du vent, une situation qui invitait à se confier. De fait, Henry l'avait baptisé "le banc des confidences".
David Lodge; L'auteur! L'auteur ! Trad de l'Anglais par Suzanne V. Mayoux, ed. Rivages Poche, Paris, 2004 ; 521p; p88.
Henry James est un auteur né américain 1843 et décédé anglais en 1916, qui a écrit, entres autres, Le banc de la désolation et autres nouvelles (folio classique n°3773).
Illustration : Poésie de Rue de Pablo Reinuso ; présenté au dernier salon Maison et Objet ; in Coté Paris n°1 ; Avril Juin 2008; p80
28 janvier 2008
Au fil des mots et des images... (1)
Bon, je sais pas vous, mais moi j'arrive vraiment pas à compter le nombre de fois où je vois des bancs publics utilisés pour vendre un film ou du chocolat... Et dans la littérature, c'est pareil (sauf qu'il ne vendent rien cela!).
Deux exemples, dans mes récentes lectures :
" Nous
nous assîmes sur un banc de l’une des aires de pique-nique, à l’ombre d’un
gommier. La journée était chaude, le soleil au zénith dans un ciel bleu topaze.
A proximité de nous, les familles se régalaient de samosas et de pakoras.
Ailleurs, une radio diffusait une chanson en hindi qu’il me semblait
reconnaître pour l’avoir entendue dans un vieux film, peut être Pakeeza. Des enfants, pas plus âgés que
Sohrab pour la plupart, jouaient au foot, riaient, criaient.
(…)
Nous
dépliâmes sur la table l’une des serviettes de l’hôtel pour entamer une partie
de penjpar. Je savourais pleinement
le plaisir de disputer une partie de cartes dans un tel cadre avec le fils de
mon demi-frère, la nuque réchauffée par les rayons de soleil."
Khaled Hosseini, Les cerfs-volants de Kaboul. 10/18, 2003, p351.
[où
le personnage principal va voir une exposition de peinture]. "On voyait
également de petits paysages banlieusards, au premier plan un arbre entouré d’un
banc, pour permettre de contempler la vue, de se reposer après le travail, de
jouer de l’harmonica le dimanche. L’arbre, le banc, les maisons dégringolaient
sur lui, comme sous l’effet d’une secousse sismique, ils gémissaient,
jubilaient de toute leur carcasse, de toute leur texture, mettant à nu toutes
leurs fibres. Il se rendait compte que ce qui arrachait si précipitamment ces
objets quotidiens vers la lumière, qui déchaînait tout ce branle-bas, était un
séisme du cœur, un phénomène dont l’épicentre était le peintre en personne. Oui
c’était, il le voyait bien, les yeux avides et affamés du peintre qui
conféraient à ces domestiques insignifiants leur apparence de jamais vu, qui
faisaient qu’ils se tenaient là comme des arbres au bord de la longue route de
la vie et qu’ils criaient vers vous."
Paul
Nizon, Stolz, Babel, 1975/2006 ;
p34
23 novembre 2007
Utopia station.
Une image de banc public dans le Monde Diplomatique cet été... Le banc est sur un nuage (ou dans la neige ?), et indique la direction de l'utopie.
Et l'article de commencer ainsi : " Peut-être sommes-nous en train de vivre d’une manière nouvelle les
rapports entre art et pratiques sociales. Les œuvres d’art épousent la
réalité, appelant de nouveau à l’apparition de cent fleurs ; des choses
s’effondrent. Les arts pénètrent l’espace qui leur est extérieur. Il
s’agit d’une quête totale. Beaucoup voient là un état d’urgence. Quel
est maintenant le rôle de l’artiste ? Pour tenter de répondre
concrètement sont nées ces quatre pages qui marquent une collaboration
entre Utopia Station (« gare Utopie ») et Le Monde diplomatique." (lire la suite).
Ce projet de gare d'utopie existe depuis 2003, et s'est installé dans les pages de ce mensuel. En lien, un site internet rassemblant près de 200 très belles oeuvres téléchargeables sur ce thème.
Les utopies et les mondes imaginaires demeurent des sujets pour lesquels j'aimerais faire plus de place dans ces pages. En attendant, je vous invite à visiter le dossier très riche et complet que leur consacre la Bibliothèque nationale de France sur son site.
Quoiqu'il en soit, grâce à cet(te) artiste (dont je dois rechercher le nom), l'image du banc public s'associe joliment aux rêves, et à l'illusion, et ce n'est pas pour me déplaire !
(Nota Bene hors sujet : je tiens à remercier l'anonyme qui a référencé ce blog, avec un mot sympathique, sur le site Agir et Penser que je vais aller visiter en retour!)
02 octobre 2007
"La rue meurt"
Le dixième numéro du journal Poivre Rouge (mars avril 2006, édité par l'association éponyme) nous rappelle à quel point la ville se transforme : « Affichage libre, vélorution, art de la rue.. des citoyens élèvent la voix et prônent la reconquête 'un espace public étouffé ».
L'article de Thomas Tereza: « Au banc des accusés » nous rappelle à quel point « le mobilier urbain évolue. Les SDF doivent s'adapter... et apprendre à dormir debout ». Fort de plusieurs illustrations pertinentes de Zodenzo (dont une est reproduite ici), l'auteur revient en quelques lignes sur le design de la RATP ou le concept de « situation prévisionnelle », d'Oscar Newman dans les années 70 (l'auteur de Defensible Space: Crime Prevention Through Urban Design, MacMillan, 1972).
Cette idée, peut-être plus connue sous les noms de « prévention situationnelle » et « d'espace défendable », est au coeur de nombreuses analyses (voir l'article de Perla Serfaty, ou l'ouvrage collectif de la documentation Française : Espace public et sécurité, n°930, 2006). Cette théorie justifie souvent le nouvel ordre de l'urbanisme de contrôle, un des leviers actuels de la lutte contre l'insécurité. L'évolution ergonomique des bancs, ou leur disparition, sont alors souvent motivées par ces théories.
A lire également: « L'espace urbain sous contrôle », de la revue en ligne Dissidence.
09 septembre 2007
"Ma ville, je l'aime..."
Il y a quelques semaines, c'était mon anniversaire, et j'ai été gâtée ! Je ne vais pas énumérer tout ce que l'on m'a offert, parce que c'est personnel et que c'est souvent à la grand-mère, le lendemain de notre quatrième Noël que l'on doit raconter ça ! Non, je vous dis ça parce qu'au milieu de tous les cadeaux, il y en a un dont je voudrais vous parler en particulier. C'est un petit livre d'illustrations de Dran. Son titre : Ma ville, je l'aime...
La planche ci-dessus (très mal numérisée, c'est pour respecter les droits d'auteurs.. hum! hum! ) est tirée de cet ouvrage. D'autres images sont publiées sur son site et celui de son éditeur.
J'adore son univers, sa manière de représenter le monde. Avec humour (noir), Dran porte un regard sur la vie urbaine. Pour lui, "la réalité est un programme de divertissement". Que ce soient les bancs publics, les crottes de chiens, la malbouffe, la publicité... on ne peux rester insensible à ses satires.
Ma ville, je l'aime... est sont deuxième livre, après La télévision (dans la même collection), et avant Fabriqué en France (chez le même éditeur).
Dran ; Ma ville, je l'aime... 2006 , Edition Populaire, 16*14 cm, 66p
Edité à mille exemplaires (qu'ils disent ! )
03 juin 2007
« des bancs ! des bancs ! »
« Dans le cadre des états généraux de la qualité de la vie à Paris, tenus en octobre 1999, une enquête à été menée auprès des citadins sur les améliorations qu’ils souhaitaient voir dans leur ville. Les habitants étaient invités à exprimer leurs propositions par écrit ; celles-ci ont été rassemblées et publiées par la ville de Paris. Parmi les milliers de suggestions émises, le thème du banc public est remarquablement représenté. Un grand nombre de parisiens trouvent qu’il n’y a jamais assez de bancs, que ce soit dans les parcs, dans les squares ou dans les rues. Les demandes les plus souvent formulées sont d’en installer de nouveaux en des lieux de la ville désignés par les habitants, en d’en replacer là où ils ont disparu sans raison apparente ni explication.
Les observations des parisiens montrent leur attachement aux bancs de quartier, et leur désir de voir ce type de mobilier se développer. Certains prennent forme de revendications sur le mode humoristique. Ainsi l’une d’elle évoque une manifestation avec des banderoles exigeant : « des bancs ! des bancs ! ». »
(Ernest Boursier Mougenot, L’amour des Bancs. Actes Sud.2002, p376)
Je me lance dans la recherche des résultats de cette enquête... J'espère seulement qu'ils sont facilement accessibles.
29 mars 2007
"La rue, c'est le désordre"

« Lorsqu'on a supprimé la rue, on a vu les conséquences : l'extinction de toute vie, la réduction de la ville au "dortoir", la fonctionnarisation aberrante de l'existence.... La rue, c'est le désordre, ce désordre vit, il informe, il surprend. Lieu de parole, lieu d'échange pour les mots et pour les signes autant que pour les choses. » (Henri Lefebvre, La révolution Urbaine, Paris; Gallimard; 1970) *
* Cité par Christophe Moreau et André Sauvage, in "La fête et les jeunes. Espaces publics incertains". 2006; Edition apogée; diffusion PUF; 223p; pp70-71.
** Illustration de Laurent Lefeuvre, tirée du même ouvrage, p63. )


