Bancs Publics

Apologie du banc public, et autres choses ...

27 octobre 2009

"Touche pas à nos bancs"

4dntvuhh2yeo4npyb3igdet73odaolf_q0qgc8obpheszkuxgoijja7wqsgvkgiFaut-il célébrer ici la naissance d'une toute nouvelle association dans le paysage toulousain? Nous souhaiterions que ce genre d'actions n'aient pas besoin d'exister, que l'énergie citoyenne puisse se dépenser ailleurs... Et pourtant vient de se constituer l'ACABAB, ou Association Contre l'Ablation des Bancs d'Arnaud Bernard, à l'initiative des habitants de ce quartier populaire du centre historique de Toulouse, suite à la décision municipale de "déboulonner" les quelques bancs de cette place; l'association réagit en faisant des appels à actions, et en mobilisant la population pour que les bancs soient maintenus.

Alors que le débat avait déjà eu lieu il y a quelques années, c'est ici que nous pouvons lire le déroulement des faits : mercredi matin (21/10 à 8h30), les agents municipaux enlèvent trois bancs, tandis que quelques riverains protègent les 5 autres bancs en s'y asseyant. Le débat semble en tous cas houleux, entre les défenseurs des bancs et ce qui souhaitent leur disparition.

Arnaud Bernard, un quartier sous pression?

Je ne connais malheureusement pas bien Toulouse, et faute de pouvoir m'y rendre pour constater par moi-même, je lis ce que je peux sur ce quartier. Vu d'ici, Arnaud-Bernard est en effet un quartier "populaire et dynmique", où règnent, depuis quelques temps, des tensions liées à (cochez la bonne case)  l'insécurité (thème de prédilection de la Presse Quotidienne Régionale), ou à une trop forte démonstration des forces publiques dans l'espace public.... Bien sûr, la réalité est beaucoup plus compliquée !

Les bancs publics, vecteurs de criminalité ou de paix sociale?

Encore une fois, on se rend compte que ce type de mobilier urbain cristallise d'une certaine manière le débat, ou plutôt l'absence de débat et de concertation. Selon quelques sources, les bancs seraient supprimés pour « diminuer le regroupement favorable au trafic de cigarettes et de stupéfiants », ce que confirment les propos de quelques représentants municipaux ou associatifs (notamment l'association locale des commerçants et des artisans: L'ACAAB). Cependant, dans un autre article, la présidente du comité de quartier, Mireille Collet, en réaction aux difficultés qui semblent exister dans ce quartier, veut quant à elle « se réapproprier la place Arnaud-Bernard », et avance pour l'exemple le problème du manque d'ombre, qui « ne donne pas envie de s'asseoir sur les bancs pour bavarder, quand il fait très chaud ».

L'association ACABAB a alors publié ici et là un communiqué de presse, rappelant « que ces bancs, aussi moches et inconfortables soient-ils, on les aime bien. Parce que le principe d’un banc, c’est de s’asseoir dessus, voire de s’y reposer. Un banc, c’est gratuit, un banc, ça ouvre la porte à des rencontres, à  des discussions, un banc, c’est le droit de s’asseoir dans l’espace public, sans forcément consommer, un banc, c’est un bras d’honneur à l’espace marchant. Sur la Place Arnaud Bernard, les bancs sont un rendez-vous quotidien pour pas mal de monde.

Pour les Chibanis, ces migrants retraités qui viennent y prendre le soleil tous les jours, pour les zonards de la Place qui y ont élu domicile, c’est pour eux devenu un véritable lien social. Est-ce qu’on leur a demandé leur avis avant de projeter de les déboulonner ? Non, bien sûr. A nous non plus d’ailleurs. Et même si on l’avait donné, les dés sont déjà jetés depuis longtemps.»

(Et l'association de lancer un Appel à rassemblement ce même mercredi à 17h, que je regrette de relayer ici trop tard...)

Pourtant, dans le cahier Espace Public publié par la municipalité de Toulouse (PS depuis 2008) , nous pouvons lire, à propos des "besoins et demandes des citoyens" : C’est bien sûr avant tout les besoins des utilisateurs qu’il faut chercher à combler lors de la création de mobilier urbain ou de l’aménagement d’une zone urbaine. Car c’est eux qui le côtoieront et l’utiliseront dans leur vie quotidienne". Plus bas, sous le titre "convivialité," ces quelques lignes sans équivoque : "Bien plus que répondre à des besoins purement fonctionnels, l’aménagement des zones urbaines tente de réaliser le souhait urgent de faire réapparaître dans les villes une vie sociale en dehors du chez soi.

En rendant à l’espace public la dignité, la qualité qu’il avait perdues, on lui attribue le rôle essentiel de lieu d’échanges, de rencontres et de loisirs. L’espace public appartient aux citoyens, qui doivent y trouver leur place. On veillera donc à créer des lieux conviviaux, uniques et originaux, au sein desquels les habitants de la ville aimeront se retrouver, pour discuter, faire des rencontres, jouer, découvrir… C’est le véritable enjeu social de l’aménagement urbain".

Alors, pourquoi ?

L'aménagement urbain, et donc le choix de l'implantation ou de la suppression des bancs publics, ne participe pas toujours de ce beau discours lissé, puisqu'ils constituent l'un des nombreux leviers propres à ce qu'on appelle la prévention situationnelle (dont j'ai déjà parlé). Ceci permettra peut être malheureusement de comprendre, ou d'interpréter, certains choix urbanistiques actuels, au détriments d'autres initiatives plus porteuses de sens, de cohésion sociale pour un développement harmonieux des territoires.

Je souhaite que l'association ACABAB ait gain de cause, ou au moins que soit initiée une vrai consultation publique, qui engagera le plus grand nombre (et j'espère que certains m'informeront de la suite des événements. J'en profite aussi pour remercier Pascal M. de m'avoir communiqué cette information).

A suivre...


[Edit du 4/11 : Suite au commentaire de Pascal M. , je vous invite à lire l'interview d'un des organisateurs du rassemblement en question sur Station-Capitole  (informations indépendantes & locales) ]

 

[Illustration : ... en attendant vos photos, : celle-ci n'est pas sous licence creative commons!]



15 octobre 2009

Des bancs sur les murs

CompanyBenchJe découvre à l’instant un artiste dont je voudrais rapporter ici le travail, puisqu’il a abordé de façon originale notre thème de prédilection…

Robin Rhode est né à Cap Town (Afrique du Sud) en 1976, il vit et travaille actuellement à Berlin. Depuis des années, il dessine à la craie ou au fusain - sur les murs ou sur les sols de la ville - ses rêves et ses visions, tel un porte-parole, toujours inspiré par la rue. Que ce soit pour un vélo, un tourne-disque (Wheel of Steel), un panier de basket (he got game), une bougie ou un banc public (Bench Slide, et Park Bench), Robin Rhode va interagir avec ses œuvres… qui s’effaceront, dès la première pluie…

Pour le comparer, certains critiques s'en réfèrent à de grands noms classiques, mais je préfère plutôt citer Banksy ou Blu, pour qui j’ai une réelle affection.

Quand il n’existe ni vidéo ni même série de photos – pourtant chères à l’artiste -, ces « dessins performatifs » se révèlent alors tellement éphémères qu’il m’a été difficile d’en retrouver une trace (en particulier pour le projet Bench Slide)...

Cela me rappelle un projet que j’avais eu il y a quelques années, et qui malheureusement demeure encore dans les cartons : peindre ou coller des images de bancs publics dans la rue, afin d’interroger passants et pouvoirs publics de la place, mais surtout de l’absence, de ce mobilier dans la ville… En attendant, j’en appelle aux artistes de rue pour s’emparer de cette question.

Pourtant, une des interventions de cet artiste s’avère autrement plus grave. Avec Park Bench, Rhode a dessiné un banc sur un mur blanc, puis a fait semblant de s’y asseoir. Le lieu  (la Maison de Parlement de Cap Town)ne fut pas choisi au hasard. Faut-il rappeler que pendant l’apartheid, la ségrégation légiférait tous les aspects de la vie publique, et même s’il y avait des bancs publics, ils étaient étiquetés: « Coloured » (1).

(1) : D'après eyeteeth.blogspot.com 

(2) Illustration : blog.nevernet.de

17 mai 2009

Bancs publics en carton

bancoytextura_copyEncore une fois, c'est avec plaisir que je reçois des informations intéressantes sur des initiatives locales.

On me signale donc un très chouette projet visible à Marseille ces-jours ci.

du 18 au 24 mai, habitants et visiteurs qui se rendront cours Belsunce (près du vieux port) auront la chance d'essayer les bancs publics en carton installés par un collectif d'artistes : l'association franco-péruvienne L'autre Lieu (El otro lugar), dont le but est d'échanger des expériences d'intervention artistiques dans l'espace public des deux pays.

Les bancs avaient été fabriqués à partir de cartons récupérés dans le quartier. Dès leur installation, l'accueil est chaleureux : "Dès le premier instant, ils ont été accueillis par tous les passants et habitués du quartier, très chaleureusement. Ils sont tout le temps, de midi à 19 heures (on les enlève le soir) occupés à 100%. Beaucoup nous félicitent et nous remercient d'offrir, enfin, un lieu de détente, de repos, accessible à tous. Peut-être est-ce un début pour changer l'espace public de notre ville ?" écrit la coordinatrice du projet sur le blog de leur association.

Malheureusement, l'explication de la genèse de ce projet est en espagnol, langue que je ne lis pas...

je reste toutefois branchée sur leur "canal" afin d'en savoir plus !

[Edit 05/06/09] : Voilà, j'ai  récemment reçu de la part de Maritza ce fameux texte en français. Merci encore ! Par ailleurs, j'apprends par la même occasion que 3 de ces 5 bancs seront ré-installés sur l'espace public - en haut de la Canebière, à coté du kiosque - du 12 au 14 juin prochain, ils seront en effet prétés à l'association Les Bouquinades à l'occasion d'un évènement autour du livre et la promotion de la lecture.

Illustration : bancoytextura , par l'autre Lieu.

17 mars 2009

« Bien vivre dans sa ville »

427008259_d30f8a36f4« Citadins de tous les pays unissez vous dans les urbanités !!! » C’est ainsi que débute le reportage du 16 mars dernier dans  l'émission « Les urbanités », diffusée sur la Radio Suisse Romande. Ce jour là, « Les urbanités » s’intéressait à la lutte contre les obstacles à la mobilité pour les  personnes âgées et/ou à mobilité réduite.

« En effet une mobilité entravée chez les aînés prive ceux-ci non seulement de contacts sociaux, ce qui renforce leur isolement, mais aussi d’occasions de faire de l’exercice physique ». On y apprend que la difficulté de bien vivre sa ville pour nos aînés et pour les personnes à mobilité réduite a encore une fois été démontrée par une ONG mandatée par la Direction générale de la santé du canton de Genève. Les conclusions des expériences test menées par cette organisation font état d’un trop grand nombre d’obstacles le long des parcours ainsi que l’insuffisance -  ou le mauvais placement  - des bancs publics.

Place alors à l’action. L’ergonomie des bancs publics a été révisée. « Il faut que sur un banc public, on soit tellement bien installé qu’on n'arrive plus à se relever » explique un interviewé. « Nous sommes très contents d’avoir apporté cet outil de convivialité à nos aînés ». Les bancs ont été alors rehaussés et dotés d’accoudoirs, indique le chef du service des infrastructure public et de l’environnement de la ville d’Onex. Ceux-ci ont ponctué les parcours une vingtaine de nouveaux bancs publics, le long des trottoirs, parce que les personnes à mobilité réduite ont aussi besoin de ces étapes. Cette enquête leur a permis de se rendre compte que le besoin de bancs publics se faisait sentir ailleurs que sur les lieux de repos, ou d’arrêt.
Mais fallait-il vraiment une enquête ? Pour justifier l’action ? peut-être…

Maintenant, je suis impatiente de voir ces initiatives traverser les Alpes.

Illustration : Soledad / Loneliness ; par Thorbion ; certains droits réservés ; sous licence creative commons.

01 mars 2009

Une forme de résistance

35782055#38. Résistance en costume de mousse et velours bleu.

"Le projet Archisuit consiste en quatre vêtements de sport modifiés, adaptés à quatre lieux de Los Angeles : une bibliothèque publique de Hollywood, une palissade de Silver Lake, le Ronald Reagan State Building et des bancs publics du centre-ville. Les rembourrages de mousse des vêtements forment les vides des structures, et permettent à la personne qui les porte de s’installer confortablement dans ou sur des éléments urbains conçus pour dissuader ce genre d’usage. Dans la plupart des villes, on trouve de telles structures négatives destinées à favoriser la circulation des piétons et à prévenir toute occupation non prévue. « Testing Resistance » est une compilation des recherches réalisées dans le contexte du projet Archisuit pour documenter les interactions entre les structures piétonnes et le corps humain dans la région de Los Angeles. L’artiste Sarah Ross explore les concepts de sécurité, de santé et de propreté tels qu’ils se manifestent dans les espaces quotidiens".

Cette action est l'une des 99 proposées dans le cadre de l'exposition : "Actions : comment s'approprier la ville" (du 26 novembre 2008 au 19 avril 2009 au Centre Canadien d'Architecture de Montréal).

Dans le même domaine, à voir aussi les actions #43 ;#86 et #93 ;

03 septembre 2008

banc bavard

2813068523_24692a1bfa_o(Préambule : une mauvaise manipulation technique vient de me faire perdre tout mon dernier post, je suis un peu en rage et deviens laconique)

Comme je vous le racontais précédemment, ce blog a suscité quelques discussions intéressantes, dont les meilleures se poursuivent, voire aboutissent....

J'ai eu l'occasion d'échanger avec la maison de l'urbanité de Liège, où les passants de la place du Marché peuvent faire la découverte, pendant encore un mois, d'un étrange banc .. .

Malheureusement, la distance avec Liège et nos agendas respectifs ne nous ont pas permis de nous rencontrer... vous n'y entendrez donc pas ma voix, ce qui n'est pas si grave, mais par contre, je regrette vraiment de ne pas pouvoir me rendre sur place pour tester cette expérience urbaine & liègeoise. J'espère seulement que certain(e)s d'entres vous me raconteront !

.... Mais au fait, de quoi je parle ? (extraits tirés de la description faite par la Maison de l'urbanité)

"Attention, à partir du 6 août 2008, un banc public du centre ville vous parle !

Depuis le 6 août 2008, un banc bavard s’est installé sur la Place du Marché. S’il vous prend l’envie de vous y installer, dès qu’il détectera votre présence, le banc s’adressera à vous. Vous pourrez entendre l’un ou l’autre témoignage de Liégeois vous parlant de leur ville, des espaces publics, de l’urbanité et des bancs en tant qu’éléments emblématiques du mobilier urbain.

(...)

Les objectifs principaux de ce projet sont d’inciter au débat sur la ville en amenant les citoyens à réfléchir et à s’exprimer sur l’espace urbain. En créant des rencontres improbables entre habitants, passants, touristes, nous souhaitons susciter le débat citoyen.

Ce projet n’est en aucun cas une étude scientifique exhaustive. On peut cependant remarquer certaines constantes dans les témoignages, comme la demande des citoyens pour des espaces plus conviviaux et rendus aux piétons. L’envie, mais la difficulté de se rencontrer et de se parler dans l’espace public. L’importance accordée à tous les éléments qui favorisent cette convivialité, comme les bancs, par exemple. Ceux-ci sont considérés par la plupart des interviewés comme des éléments fondamentaux de l’aménagement des espaces publics. Cependant, beaucoup regrettent également de n’avoir que rarement le temps de profiter de « cette petite pause dans la course du temps ». Le banc est d’ailleurs souvent associé aux personnes âgées avec lesquelles on peut plus facilement lier connaissance car elles peuvent « s’offrir le luxe d’une conversation avec un inconnu ». (lire la suite) "

Illustration : Edinburgh people, par Djenvert, certains droits réservés ; sous licence creative commons.
(En attendant que vous m'envoyiez des photos de ce banc bavard, j'ai choisi cette photo d'une scène de bavardage autour d'un banc en Ecosse)

L'asbl maison de l'urbanité -  Maison de l'Urbanisme du secteur de Liège-Huy-Waremme - œuvre pour la sensibilisation, l'information et la formation, auprès d'un large public, aux questions d'urbanisme et d'aménagement du territoire.

10 mars 2008

Postal chairs.

postalchairs2

Afin de protester contre la privatisation des espaces publics à New York City, les membres du collectif "Research graffiti lab" on inventé des "chaises postales" (postal chairs) qui, installées sur ces espaces, les rendent un peu plus accueillants.
Grâce à quelques boites de colis postaux, que les américains peuvent se fournir gratuitement dans leurs bureaux de poste, le collectif a fabriqué une panoplie de chaises et les a installées dans ces lieux en question, qui se transforment pendant un moment en des vrais espaces publics où les citadins peuvent s'asseoir et se détendre.

Sur leur site Internet, un petit film présente cette performance, qui se déroule sur cette place de NYC, devant une œuvre assez symbolique. Plus bas, ils donnent les informations pour fabriquer ces chaises (7 colis sont nécessaires)

- L'objet du Graffiti Research Lab est d'équiper les graffeurs d'outils "open source" pour la communication urbaine. (The Graffiti Research Lab is dedicated to outfitting graffiti artists with open source technologies for urban communication).

  - Le projet Postal Chairs a été créé par Capitano Incognito avec l'assistance d' IminentDisaster, Agent Ily, et Dao Ting Tom (pour les illustrations du mode d'emploi).

  - Photo de urban_data sous licence creative commons.

03 avril 2007

''Guerrilla benching''

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A Londres, un groupe de gens réinstallent des bancs publics là où la municipalité les avait enlevés. Baptisée “guerrilla benching”, cette action des défenseurs d'un espace public convivial dénonce le polissage de nos rues par les autorités. Ils racontent.

* Le texte original étant en anglais, j’ai tenté une traduction sommaire, prière de ne pas me tenir rigueur pour les approximations.

** Merci encore à Delphine, de l’association Les dévorateurs d’Espaces (Revue Urbaine), pour le lien. 


  « Guerrilla benching »

« Où sont passés tous les bancs publics? Vous souvenez-vous de l'époque où les voitures n'étaient pas prépondérantes dans nos rues ? Vous souvenez-vous de l'époque où les rues étaient encore le lieu des interactions sociales publiques, où les vieilles dames avant un endroit où s'asseoir et bavarder, où les enfants pouvaient jouer et vivre dans ce qu'on appelait une communauté? Il semble qu'il y ait un plan pour éventrer tous nos espaces publics et nous faire déserter les rues, retranchés dans nos maisons.

carrying

L'année dernière, à Londres, le Conseil de Camden a décidé d'enlever plusieurs bancs publics, pour le bienfait du public. Avec un programme qui fut fait pour convertir tous les arrêts de bus en bancs inutilisables ["un-usable"]. A la base, le projet semblait être d'éloigner les personnes indésirables et les sans-logis parce qu'ils ne convenaient pas avec l'esthétique du lieu. Plutôt que de s'attarder sur ces problèmes, ils ont utilisé une technique inhabituelle en les déplaçant et en espérant que quelqu'un d'autre s'en chargera.

Ainsi, c'est avec soulagement que nous nous sommes, complètement par hasard, réunis tous les quatre pour nous appeler les "Guerrilla benchers" à 7h du matin. C'était plus dur de se souvenir à se moment là que ces personnes n'avaient rien à voir avec les « Space Hijackers » [un groupe d'activistes ''anarchitectes''ndt]. Lassés de l'état des espaces publics, ces guérilleros urbains décidèrent de riposter.

Rappliquant péniblement tôt le matin, armés de marteaux piqueurs, de vestes très visibles et de deux bancs, ces audacieux constructeurs arrivèrent sur les lieux où deux bancs avaient été auparavant enlevés, et commencèrent leur ré-installation.

En raison de la taille et de l'inorganisation du conseil municipal local, ainsi que de leur astucieux déguisement, les "guerilla benchers" n'ont pas été approchés ni questionnés par personne lorsqu'ils installaient les bancs.

Malheureusement pourtant, les perceuses n'ont plus eu de batterie dès que le premier banc fut installé. Dans le pur style du travailleur, il était bien sûr temps pour un déjeuner et une tasse de thé, afin de recharger les batteries.

Une copieuse concoction d'oeufs fris, de haricots, de champignons, de frites et d'omelette pour commencer regonfla les voiles de nos bâtisseurs et c'était le moment d'installer le banc n°2.

Le banc numéro 2 fut installé avec succès et le travail des bâtisseurs fut terminé. Il était temps de les tester.

Un rapide changement pour des vêtements civilisés et l'équipe pouvait essayer les bancs pour de vrai.»

Source : "Guerrilla Benching", 2006, page consultée en Avril 2007.

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